mardi 15 avril 2014

Bricolage de Pâques 2014



Je ne comptais pas vous le montrer tout de suite, certains trolls n'ayant pas encore finalisé leur oeuvre, mais visiblement, selon les statistiques, y'a que ça qui vous intéresse en ce moment : 

PÂQUES !!

Donc, allons-y pour Pâques ! L'année dernière, j'avais dit qu'on ferait des agneaux : j'ai tenu promesse ! Voila donc notre petit agneau pascal qui a pour mission de nous apporter les oeufs en chocolat ! 


Pour le réaliser, il vous faudra 2 assiettes à dessert en carton, de la colle, des ciseaux, du coton, des feuilles Canson noires, une agrafeuse et quelque chose pour faire une anse ; parce qu'on ne le dirait pas sur la photo mais notre agneau est aussi un panier.

Il suffit de faire coller sur une des assiettes des petites boules de coton que l'enfant aura réalisées en roulant la matière dans ses petites mimines. Vous imprimez ensuite ce coloriage : 




Il a l'avantage d'être pile à la bonne taille par rapport à nos assiettes à dessert. Vous ne gardez que la tête et les pattes. Votre artiste lui rajoute une belle tignasse en coton. Ensuite à vous de jouer pour l'assemblage. Vous agrafez une autre assiette pour réaliser le panier en prenant soin de la découper pour une insertion des œufs plus facile et d'y glisser une anse. Vous remplissez ou faites remplir ce petit panier d’œufs en chocolat : 


Ah oui ! En voyant la photo, je m'aperçois que j'ai oublié de vous dire que j'ai fait coller la tête et les pattes sur une feuille à dessin noire pour que ce soit plus solide. 



Voila voila ! Joyeuses Pâques ! 


vendredi 11 avril 2014

Soirée spéciale assistantes maternelles : L'investissement affectif

Une info pour les lyonnais : 

Une soirée spéciale assistantes maternelles sur l'investissement affectif, organisée par l'association "Une souris verte" aura lieu le lundi 19 mai à 19 h 30 au Château Sans Souci, 36 avenue Lacassagne à Lyon 3. 

L'entrée est gratuite mais la réservation est obligatoire :

reseaudpe@unesourisverte.org ou 04 78 60 52 59

Avec le Docteur Jean-Marc Botta, formateur "Une souris verte"

Travailler avec des tout-petits éveille nécessairement des émotions en chaque
professionnel. Chacun va investir différemment les enfants…Et parfois un
accueil « particulier » provoque un « surinvestissement »… Qu’est-ce qui se
joue sur le plan affectif ? Comment y faire face ?
Dans cette relation privilégiée qui existe entre l'enfant accueilli et son
assistante maternelle, comment garder une juste distance professionnelle ?
Et comment anticiper au mieux le départ de l'enfant ?



jeudi 3 avril 2014

Compte-rendu : LE SOMMEIL DU JEUNE ENFANT EN COLLECTIVITE -

C'est le 20 mars dernier que s'est tenue au Collège Gilbert Dru de Lyon 3, la soirée débat Pikler sur le thème du sommeil en collectivité. Elle était animée par  Isabelle DELIGNE, médecin en crèche et PMI, devant un public qui s'était "modérément" déplacé (on ne jouait pas à guichet fermé cette fois !). 

Le thème pouvant être résumé à la question "Comment aider les enfants à bien dormir dans la structure", j'ai failli moi-même ne pas m'y rendre, puisque je travaille à mon domicile et non en structure collective. C'eût été une erreur car la soirée était assez généraliste pour intéresser les assistantes maternelles mais aussi les parents.  Elle s'est déroulée en deux temps. Une première partie a été consacrée à un rappel sur l'organisation du sommeil en général, puis nous avons enchaîné sur une discussion appuyée par un montage vidéo où l'on suit une petite fille de 1 an (Mélina) dans différents moments de la journée jusqu'à son endormissement.

I Organisation du sommeil : grande fonction organisatrice du corps et pas que du corps

a) Commençons donc par quelques rappels physiologiques. 

Les humains sont soumis à des rythmes biologiques. Notre rythme principal c'est de dormir la nuit et d'être éveillé le jour. C'est le rythme circadien (24 h) avec des variations individuelles. A cela se rajoute le rythme ultradien (plusieurs fois dans la journée). C'est une histoire de génétique (et non pas simplement une histoire de glucose souligne Isabelle Deligne). Nous avons tous des baisses de vigilance qui suivent la courbe de température. Ce rythme est plus court pour les bébés, c'est pour cela que si le temps d'éveil est trop long, ils s'agitent. 

A cela s'ajoutent aussi des variations mensuelles (cycles menstruels) ou saisonnières. Plus on suit cette organisation, plus on est en forme. Ne pas suivre ces rythmes, c'est s'exposer à beaucoup de fatigue. 

b) Parlons maintenant du sommeil en lui-même.

Chez l'adulte on s'aperçoit qu'il y a deux grandes phases de sommeil : 

- le sommeil lent : le cerveau se met au repos, on note une lenteur du coeur et de la respiration mais le corps se tient. C'est une phase de récupération de la fatigue physique. Il y a une sécrétion d'hormones de croissance (réparation du corps, des tissus malades) et d'hormones sexuelles. On note aussi la fabrication des anticorps, et le renouvellement de l'énergie du cerveau ; 

- le sommeil paradoxal : on voit une activité du cerveau rapide. Les yeux bougent. La respiration et le coeur s'accélèrent, mais le corps lui est lâche, sans tonus. C'est un moment de maturation cérébrale, de construction de la mémoire, de remaniement émotionnel, de réaménagement de ce que l'on a vécu. Ce sommeil arrive en fin de nuit.

On symbolise souvent le sommeil comme un train : on parle du train du sommeil. La locomotive qui représente l'endormissement passe régulièrement, mais il faut sauter dedans quand elle passe. Tous les rituels qu'on met en place, c'est la locomotive. Puis on passe dans le sommeil lent dans lequel on s'enfonce de plus en plus profondément, vient ensuite une phase de sommeil paradoxal. Le cycle est alors fini mais on peut enchaîner sur un deuxième cycle. Pour les adultes le cycle dure de 1 h 30 à 2 h Au fur et à mesure de l'enchaînement des cycles le sommeil paradoxal prend plus de place.

Chez le tout petit, c'est différent.

Le foetus est un gros dormeur, mais il a sans doute un sommeil différent. Il dort indépendamment de sa mère, beaucoup le matin. A l'accouchement, le bébé dort. Quand il se réveille, c'est un signe de souffrance. Ce sont les contractions qui le réveillent. 

Les bébés dorment beaucoup (ou sinon ils pleurent beaucoup). Ils s'endorment dans un sommeil agité, comme si l'urgence c'était de donner du sens aux informations. Ils passent plus de la moitié du sommeil dans un sommeil agité (équivalent du sommeil paradoxal de l'adulte). C'est une phase de sommeil qui trouble beaucoup les adultes. On pense qu'ils ont besoin de nous. Les bébés sont même parfois réveillés par les adultes alors que c'est un sommeil à respecter. Ils font parfois des poses physiologiques qui peuvent durer 15 secondes. 

Après ce sommeil agité, le bébé passe à un sommeil lent qui ne dure que 20 minutes. On peut même penser que la phase d'avant n'est pas du sommeil et donc que le petit n'a dormi que 20 minutes. 

Il faut suivre son rythme. On ne peut pas forcer la nature. Au bout de 2 ou 3 mois leurs phases de sommeil ressemblent plus à nos propres phases mais ils continuent à s'endormir en sommeil paradoxal jusqu'à 8 mois.  D'ailleurs, on notera que le bercement ne marche que jusqu'à 8 mois (tant que l'enfant s'endort en sommeil paradoxal). Jusqu'à 3 ans, les cycles vont durer 1 heure.

Vers 8/9 mois, ils s'endorment progressivement, comme les adultes : ils sentent qu'ils s'endorment. C'est donc le grand moment pour les rituels d'endormissement.

source : http://sommeil.univ-lyon1.fr/articles/challamel/prosom/train2.php


c) les troubles du sommeil de l'enfant

Chez les enfants, les cauchemars sont très rares. Le plus fréquent, ce sont les terreurs nocturnes. Elles arrivent pendant le sommeil lent profond et en début de nuit : l'enfant hurle mais il dort, comme un somnambule. C'est un loupé. Elles arrivent souvent quand il s'est passé beaucoup de choses dans la journée (émotionnellement) provoquent des manifestations physiques de peur, mais pas de souvenirs. L'enfant est troublé si on le réveille.

Le cauchemar n'a rien à voir. Il arrive plutôt en fin de nuit. L'enfant appelle, est effrayé et s'accroche à l'adulte. Il s'en souvient ce qui dérange l'endormissement du lendemain. Il ne faudra pas alors "traquer les monstres" dans la chambre quand l'enfant ira se coucher ("mais non tu vois il n'y a  pas de montres dans l'armoire") mais plutôt lui expliquer que c'est son corps qui lui a fait une farce. 

II Le dvd de Mélina

Le reste de la soirée était donc basé sur une vidéo nous présentant Mélina 1 an que l'on voit dans différents moments de la journée, dans une crèche collective accompagnée de l'auxiliaire qui s'occupe d'elle. Avant le visionnage, l'intervenante nous explique le fonctionnement de la structure : les enfants dorment dans des lits/matelas au sol dans la pièce qui sert aussi de salle de jeux et d'activités. Elle nous dit aussi que ce jour là une auxiliaire était malade. 

Le film nous est présenté en plusieurs étapes et à chaque extrait, nous avons pour mission de repérer les éléments qui vont aider l'enfant à s'endormir. Nous comprenons très vite qu'il ne faut pas se focaliser sur le moment de l'endormissement mais s'intéresser à la journée entière. 

On voit dans le dvd que les enfants dans cette crèche ne sont pas tous couchés en même temps. Les coucher en même temps, ce serait prendre le risque que des difficultés apparaissent. Il faut coucher les enfants quand ils en ont besoin et donc se questionner sur l'organisation de la structure. Là, on comprend tout l'intérêt de faire dormir les enfants dans le lieu de vie lui même plutôt que d'utiliser un dortoir séparé. 

On s'est ensuite intéressé à la journée de Mélina en essayant de repérer dans la journée tout ce qui va favoriser l'endormissement. 

On verra alors toute l'importance de la bientraitance et de la traque des douces violences au cours de la journée. Grâce aux interventions de l'auxiliaire, nous prenons conscience de l'importance : 

- de prévenir les enfants de ce qui va se passer ; 

- de favoriser la sécurité intérieure par des détails comme attendre que l'enfant soit prêt pour le prendre ;

- personnellement, j'apprends alors qu'il vaut mieux éviter d'employer le "on" ; par exemple il vaut mieux dire "je vais te changer ta couche" plutôt que "on va changer la couche" ; 

- d'organiser la journée et de scander le temps avec les enfants ;

- d'avoir des temps de repas et de soins dans lesquels on est en relation avec l'enfant ; 

- de veiller à la satisfaction des besoins fondamentaux de l'enfant. 

En résumé, c'est la bientraitance qui aidera l'enfant dans son endormissement. Or pour être "bientraitant", on ne peut pas être tout seul. Il faut être toujours en recherche de bien faire. On ne peut pas toujours se référer aux choses que l'on a apprises il y a longtemps par transmission familiale par exemple. Il faut apprendre à se remettre en question tout le temps, ce qui pour nous assistantes maternelles est plus compliqué puisque par définition nous travaillons seules à la maison.

Si la qualité du lien et un certain nombre de petites choses comme dire avant de faire, aide l'enfant dans son endormissement, on verra aussi que parler à l'enfant de ses parents permet de le rassurer.

On verra aussi dans un dernier extrait, l'importance du jeu libre pour l'enfant. On observera par exemple Mélina qui, au sol sur le dos  travaille tranquillement, en tapant 2 étoiles identiques l'une contre l'autre. Ce jeu symbolise la séparation et l'enfant rejoue ainsi très certainement la séparation du matin. Souvent, les enfants ne s'endorment pas parce qu'ils ont peur de perdre leurs parents. 

Vous l'aurez peut être remarqué : chez Pikler on ne voit pas l'endormissement comme un problème et on regarde la globalité de la vie. 

La soirée s'est terminée sur une série de questions libres dont l'une d'elles m'a permis d'apprendre qu'il existait parfois de "drôles" de protocoles d'endormissement dans les structures collectives ! Une personne a ainsi témoigné en nous disant que dans sa crèche, pour prévenir la mort subite, les enfants devaient obligatoirement dormir sur le dos et ce, jusqu'à 9 mois ! Le personnel avait donc ordre de repositionner systématiquement  les enfants sur le dos au risque de perturber leur sommeil. 

Si cette façon de faire me semble correcte pour un tout petit, elle me parait totalement inadaptée pour un grand bébé de 9 mois, capable de soulever sa tête et de se positionner un peu comme il veut ! Isabelle Deligne pensait d'ailleurs la même chose, nous disant qu'elle, à titre personnel, ne donnerait jamais ce genre de protocole, qu'il y avait toujours ce fameux problème d'interprétation des règles dans les différents départements et que dans les faits, on a pu remarquer qu'en matière de mort subite c'est le lien qui protège l'enfant : il n'y a pas de mort subite quand l'enfant dort dans la pièce de vie. 

Je suis ressortie de la réunion contente. Contente parce qu'en matière de connaissances sur le sommeil une bonne révision n'était pas de trop ! Contente aussi parce qu'instinctivement j'ai choisi il y a déjà plusieurs années d'accueillir les enfants de cette manière là, en faisant dormir les tout petits dans la pièce à vivre au milieu des autres enfants et en ne fermant plus aucune porte lors de la sieste des plus grands qui eux dorment dans les chambres de mes enfants. Je faisais ainsi du Pikler, sans savoir que c'en était !