jeudi 27 janvier 2011

De la récup de boutons !!

Aujourd’hui mon équipe de trolls et moi-même, on vous présente notre activité du jour dans l’esprit des plateaux Montessori.

 
Pour cela, j’ai fait mes fonds de tiroirs, ou plus précisément j’ai farfouillé au fond de ma boite à couture (qui ne sert pas très souvent mais qui par chance est quand même finalement bien encombrée). Nous y avons déniché un bon nombre de petits boutons qui nous ont servi de base pour une série d’activités sur les paires.
Voila comment cela se présente. J’ai disposé sur un plateau un récipient avec les boutons (2 boutons identiques pour chaque série) ainsi que des bacs à glaçons avec 2 rangées de « cases ».


 
J’ai expliqué à l’enfant testeur (oui testeur car je ne savais pas si l’activité allait fonctionner ou pas) qu’il devait retrouver les boutons identiques et les placer par paires dans les bacs à glaçons, les deux boutons identiques devant se retrouver dans deux cases, l’un au dessous de l’autre. Ça parait simple mais encore faut-il que l’enfant sache déjà se repérer dans l’espace et connaisse les notions comme dessus dessous, en haut en bas… tous ces petits détails qui doivent être acquis avant l’apprentissage de l’écriture.

 
Je n’ai donné aucune indication sur la marche à suivre pour y arriver et j’ai observé avec bonheur le cheminement de la pensée « trollesque ». Et je peux vous dire que ça carbure dans les petites têtes !

 
L’enfant a d’abord cherché à positionner une seule paire à la fois. Il déposait son bouton dans la case du bas, puis allait chercher le bouton identique pour le positionner à son tour dans la case du haut. Il s’est très vite aperçu que sa méthode n’était pas très pratique, la quantité de boutons rendant le tri compliqué.

Il a alors eu l’idée de ne pas attendre qu’une paire soit constituée pour entamer une deuxième et a pré-positionné les boutons dans les cases du bas. Il était content : ça allait plus vite !! Tellement plus vite que souvent, il loupait des paires et que du coup les cases du bas se remplissaient beaucoup plus que les cases du haut. Il s’est donc auto-corrigé et a perfectionné sa deuxième méthode en vérifiant avant d’agir s’il n’avait pas déjà posé dans une case, un bouton identique à celui qu’il avait dans la main. De lui-même, sans que je ne porte aucun jugement sur son travail, il est devenu plus attentif et il a réussi.

 
Pour varier les plaisirs, je lui ai proposé d’autres petits jeux. Par exemple, à l’abri de son regard, j’ôtais du récipient un des boutons et sa reconstitution des paires devait l’amener à trouver le bouton qui avait « perdu son copain » et qui se retrouvait donc tout seul !!


 
Si ça lui a plu ? Tellement que je dois dire que je me suis lassée avant lui !!! J’ai conclu le jeu en lui proposant d’aller présenter l’activité au mini-troll qui n’a que 18 mois. Pour lui, on s’est contenté de lui faire positionner un bouton par case sans autre consigne.


C’est déjà un bon exercice pour muscler les petits doigts. Et mine de rien, on a quand même abordé les notions de "vide" et "plein" ! Et je voyais bien que dans sa tête, le mini-troll « comptait » et qu’il se corrigeait si il mettait 2 boutons au lieu d’un dans une case. Il a même remarqué de lui-même que certains boutons étaient identiques. On pourra donc très bientôt lui présenter la version longue de l’activité !!

vendredi 21 janvier 2011

J’ai lu la bible en matière de motricité libre !


Aujourd’hui, je vais vous reparler de la plus grande découverte que j’ai faite depuis que j’exerce ce métier, celle que je regrette le plus de ne pas avoir connue avant : la motricité libre prônée par le Docteur Emmi Pikler

La motricité libre qu’est-ce que c’est ? Pour les personnes qui suivent ma prose depuis un certain temps, je m’excuse d’avance, je vais encore radoter !!! Mais je croise tellement peu d’enfants qui, dans leurs gestes et leur comportement semblent en avoir bénéficié, qu’un radotage de plus ne me parait pas de trop !


Tout le monde sera d’accord avec moi si je déclare que le début du développement d’un bébé passe par la motricité. Tout enfant, normalement constitué et sauf accident, va un jour ou l’autre passer de la position horizontale à la position verticale ! Jusque là, je ne fâche personne ?

Il est communément (et malheureusement) admis que ce développement doit se faire avec l’aide de l’adulte qui intervient de manière directe dans ce processus, en « apprenant » à l’enfant, à acquérir les différentes postures, en le retournant du dos au ventre, en le mettant assis, debout, en le faisant marcher et tout ceci avant que l’enfant le fasse de lui-même.

Les travaux d’Emmi Pikler, pédiatre hongroise, ont démontré que cette intervention de l’adulte n’était pas indispensable, que l’enfant pouvait se développer sans cet enseignement et qu’il en résultait même un développement plus harmonieux.


C’est ainsi que dans les institutions ou les familles qui pratiquent la motricité libre, un enfant ne sera jamais mis dans une position qu’il n’a pas expérimentée de lui-même et dont il ne sait pas se sortir. Le bébé ne sera jamais retourné, jamais assis de force, calé dans des coussins. On ne lui tiendra jamais les mains pour l’aider à se lever ou à marcher. Au final, l’enfant saura se mouvoir comme les autres et toutes les études tendent même à prouver que celui-ci sera beaucoup plus à l’aise dans son corps, plus agile et plus autonome qu’un enfant ayant bénéficié de l’intervention classique d’un adulte.



Vous n’êtes pas convaincus ? Faites comme moi, lisez la bible !! « Se mouvoir en liberté dès le premier âge »



Bon ok, au départ, il vous faudra peut être du courage. J’avoue que j’avais acheté cet ouvrage lors de la dernière réunion Pikler mais que j’ai mis un certain temps pour ne pas dire un temps certain à l’ouvrir. C’est vrai, en le feuilletant, ça peut faire peur. D’abord, il n’est plus édité donc les seules versions qui circulent sont de simples photocopies. De nombreux tableaux illustrent les propos d’Emmi Pikler avec des chiffres tout partout qui peuvent prendre la tête avant même que l’on sache de quoi on parle. Mais faites un petit effort !! Je vous rassure, les tableaux ne sont pas indispensables à la compréhension du texte.



Cet ouvrage montre en détail le développement de l’enfant et se charge de vous expliquer « dans quelle mesure ce développement est fonction de l’enseignement de l’adulte, comment il se déroule sans cette action « enseignante » et comment et dans quelle mesure ce développement est modifié par l’intervention directe et indirecte de l’adulte ».



Vous serez peut être gênés par le fait que le livre est très ancien (zappez les quelques lignes où l’on vous parle de l’invention du youpala, ou du trotteur qui « datent » effectivement) mais vous découvrirez que finalement les arguments « pour » l’intervention de l’adulte dans le processus de développement sont encore plus anciens que les arguments « contre » et qu’ils ne reposent que sur les habitudes !



Emmi Pikler vous explique en détail les problèmes qui résultent de l’enseignement des mouvements (immobilité de l’enfant tributaire de l’adulte, mouvements défectueux, problèmes d’équilibre global de la musculature, voire même déformation du corps à l’âge adulte) et vous expose en comparaison tous les bienfaits que l’enfant peut retirer de la non intervention de l’adulte (enfants actifs, autonomes, à l’aise dans leur corps et dans leur tête).



Elle vous explique aussi les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce résultat car bien entendu, il ne s’agit pas d’abandonner l’enfant à son sort et de ne pas s’en occuper. L’adulte joue un rôle aussi important que dans un apprentissage classique mais totalement différent qui passe par la mise en place d’un environnement adéquat, une observation de l’enfant et une très grande qualité des soins qui lui sont prodigués.



Pour vous procurer l’ouvrage suivez ce lien où vous le trouverez sous le numéro 300 :


Il est aussi en vente généralement lors des diverses réunions de l’association Pikler.



Heureux, les enfants dont les parents découvriront la motricité libre avant la naissance de leur descendance !!! Heureux aussi les professionnels qui s’y mettront car ils pourront s’apercevoir que grâce à l’autonomie plus grande des enfants, les adultes sont moins surchargés et qu’il en découle de meilleures relations enfant-adulte, plus paisibles et plus équilibrées.



Pour finir, je vous recopie ici un petit paragraphe que je trouve très caractéristique car je me suis moi-même exprimée dans ces termes avant même d’avoir lu le livre !



« Celui qui a observé en famille ou à l’Institut Loczy ce développement moteur, celui qui a été élevé lui-même selon nos principes considère comme anormal de poser l’enfant sur le ventre quand il se trouve parfaitement bien sur le dos, de l’asseoir lorsqu’il est déjà très actif sur le ventre mais ne peut pas encore s’asseoir seul ; il a pitié du jeune enfant rendu ainsi inactif et maladroit, il a le sentiment que l’intervention de cette sorte de la part de l’adulte est contre nature. »











mardi 4 janvier 2011

Le temps de grandir

Le temps de grandir, c'est le journal des assistants maternels et familiaux du Rhône. Il est publié par le département et est disponible dans les RAM et les PMI.

Il est aussi téléchargeable sur le site internet http://www.rhone.fr/ depuis le numéro 1.

Vous trouverez dans chaque numéro, des informations sur les pratiques professionnelles, l'actualité des deux métiers avec notamment des offres de recrutement (assistants familiaux par exemple).

dimanche 2 janvier 2011

S’amuser avec le handicap



Au mois d’octobre dernier, j’ai assisté à une réunion organisée par le réseau différence et petite enfance de l’association "Une souris verte".

Cette réunion qui a fait l’objet d’un cr sur la page lyonnaise des Nounous (http://nounoustatieslyon.blogspot.com/2010/10/soiree-du-6-octobre-2010-les.html) traitait d’un outil spécifique à l’association qui permet de parler du handicap et ainsi de dédramatiser les situations que peuvent vivre parents, professionnels et enfants. L’objet de cet article n’est pas de vous faire un compte rendu bis, mais de vous parler plus en détail d’un ouvrage que j’avais découvert alors, nommé "7 souris dans le noir "et surtout de vous expliquer ce que nous en avons tiré.



Figurez-vous que le hasard faisant parfois bizarrement les choses, cet album nous a sauté dans les mains lors de notre dernière sortie "Bibliothèque". Nous ne le cherchions pas du tout, je l’avais même presque oublié et il était là, sur la table de lecture, venant sans doute d’être abandonné par de petits lecteurs et n’attendant que nous. Nous l’avons lu sur place et nous l’avons ramené à la maison pour approfondir la lecture.

C’est donc l’histoire de 7 souris aveugles, qui tentent chacune à leur tour, de formuler des hypothèses pour percer le mystère de l’étrange chose qu’elles ont devant elles. Une à une elles explorent une partie et donnent une réponse, puis un petit souriceau aura l’idée d’explorer cette « chose » entièrement.

J’ai commencé la lecture en vérifiant si mes petits trolls connaissaient bien le terme employé. Aveugle pour un tout petit, ça méritait peut être une explication. On ne pense pas toujours à ce genre de détail mais ça a quand même son importance. Je m’en suis rendu compte un jour où j’ai raconté l’histoire d’un petit africain qui partait à la chasse au lion. La phrase ainsi dite me semblait facile, d’ailleurs les enfants n’ont pas tiqué !! Ils ont même adoré. Sauf que quelques semaines après, l’une des petites a pris l’initiative de raconter l’histoire à ses petits camarades !! Et là, surprise, dans sa version, le petit africain ne partait pas à la chasse au lion mais….. « tirait la chasse » !! Sur le coup, ça m’a fait rire mais ça m’a permis aussi de mesurer ma bêtise !!! Je ne m’étais pas rendu compte qu’un petit citadin de 3 ans ½ n’avait forcément pas eu l’occasion de savoir ce que "partir à la chasse" veut dire ! Depuis je vérifie toujours.

Mais revenons à nos souris !! Aveugle, c’était bon, ils savaient ce que c’était : « C’est quand on voit pas »
J’ai traité cet ouvrage en exploitant le thème du handicap, mais il est intéressant dans bien d’autres domaines. Il peut ainsi être un formidable support pour l’apprentissage des couleurs (les 7 souris sont toutes de couleurs différentes) et celui des jours de la semaine. D’ailleurs vous trouverez sur le net tout un tas d’exploitations  en googlelisant simplement le titre : de la petite section de maternelle à la primaire, vous trouverez de tout, de l’activité graphique en passant par l’apprentissage de la lecture.

Ici après la lecture, on a joué. Je leur ai demandé s’ils pensaient qu’eux aussi, auraient deviné ce que c’était s’ils ne voyaient pas. J’ai alors proposé de vérifier. J’ai mis un foulard sur les yeux des enfants (chacun à leur tour) et ils devaient deviner quel était l’objet (on s’est limité aux jouets pour l’instant) que je mettais dans leurs mains. On aurait pu aussi faire des variantes à ce jeu en cachant les objets sous une couverture au lieu de se bander les yeux, on aurait même dans ce cas pu tenter de deviner ce que c’était avec les pieds et non plus avec les mains !! On aurait aussi pu cacher les objets dans un sac opaque. Deux idées à retenir pour les enfants qui refuseraient de mettre le bandeau sur les yeux !

Je ne voudrais pas terminer cette note sans vous donner la morale de cet album :

« Telle est la morale des souris : Savoir un peu est mieux que rien, mais le sage ne connaît vraiment que ce qu’il a vu en entier »




Bonne lecture et bonne année !!