dimanche 22 août 2010

Les couleurs

Je vais encore vous présenter une activité d’une affligeante simplicité tant et si bien que vous allez finir par penser que je me crois sortie de St Cyr ou de la cuisse de Jupiter ! C’est vrai quoi, quand on cherche à occuper les trolls, on essaye plutôt de taper dans l’original. Là, je reconnais, ça l’est pas tellement, original. Enfin pour nous, parce que lorsque l’on se place au niveau de l’enfant, pour lui, tout est original, puisque tout est découverte !!

J’avais acheté il y a quelques années une des innombrables versions de ce fameux jeu de boules avec une « piscine » en plastique. La piscine, elle a rendu l’âme depuis longtemps déjà mais j’ai gardé les boules. Les trolls ont détourné d’eux-mêmes l’activité en s’amusant tout simplement à lancer ou à remplir et vider des récipients.

En tapant « Montessori » sur YouTube, j’ai eu l’idée d’aller un peu plus loin et d’en faire un jeu de tri. La photo parle toute seule, je n’ai pas besoin de vous expliquer.



L’avantage de cette activité, c’est que l’on peut intégrer au jeu des tout petits qui eux se contentent de remplir les bassines. Avant 15 mois, l’observation et la manipulation de tout ce qui est « contenu-contenant » les intéresse au plus haut point. Les grands trolls se chargent alors tout fièrement de corriger les erreurs des razmokets avec une grande satisfaction.

Je vais maintenant vous dévoiler ma source :


Autant vous le dire tout de suite, mon razmoket à moi n’est pas encore arrivé à ce niveau de réflexion et de dextérité. Mais ça viendra !!

Une dernière petite chose pour vous dire que si je tiens tout de même à vous les présenter, ces simplettes activités, c’est que lorsque j’ai débuté dans la profession et bien figurez-vous que je n’y pensais même pas !! J’allais plutôt piocher mes idées à l’école maternelle dans les exercices proposés pour la toute petite section. Du coup, cette activité par exemple, je la réalisais, mais en prenant comme support des gommettes et une feuille de papier. J’oubliais simplement que la motricité fine de l’enfant n’était pas encore assez développée pour mener à bien l’opération. Il s’en suivait alors une frustration, pour l’enfant qui se trouvait en échec et pour la nounou qui n’était pas satisfaite du travail effectué (et qui se permettait au passage de juger alors qu’elle n’aurait pas du). Avec nos boules et nos bassines, on se concentre uniquement sur le tri lui-même ou même simplement sur le remplissage et on peut même finir par une séance de tir pour marquer des paniers comme au basket si on n’a plus envie de réfléchir !!

mardi 17 août 2010

La mère Denis !!

Encore une activité que j’ai puisée dans la vie quotidienne. Enfin quand je dis ça je rigole doucement car ce n’est pas le genre de choses que je fais quotidiennement justement !! Certains pulls m’ayant coûté la peau des fesses auraient préféré d’ailleurs vu la tête qu’ils avaient au sortir de la machine à laver !!!! Enfin passons et allons directement droit au but.

Ce jour-là, nous avons donc donné dans le lavage à la main !!! Et on va commencer par la conclusion : l’activité a remporté un franc succès. Et cela, même si je n’avais sous la main, qu’un représentant de la gent masculine, la schtroumpfette étant encore en vacances.

Je vous explique tout d’abord le déroulement de l’opération. J’ai installé l’activité dans ma salle de bains. J’ai expliqué au troll que l’on allait laver les vêtements des poupées. J’ai posé 2 bassines sur 2 petits tabourets de « mes amis les suédois » dans la baignoire, afin que l’activité soit pile à la hauteur de l’enfant. J’ai rempli l’une des bassines avec de l’eau tiède pour le lavage et l’autre avec de l’eau froide pour le rinçage (la bassine d’eau tiède à gauche pour que l’activité se déroule dans le même sens que l’écriture comme je l’ai déjà expliqué dans l’article consacré aux haricots).

J’ai ensuite expliqué à l’enfant comment procéder en lui fournissant un petit morceau de savon de Marseille à la taille de sa main. Je lui ai expliqué comment rincer son linge, puis comment l’essorer pour ne pas en mettre partout en le roulant dans une serviette (comme quand on fait « rouli roula » avec les crêpes m’a-t-il dit) et enfin comment l’étendre. Je vous rappelle qu’à la maison depuis l’activité "pince à linges" on maîtrise à fond le geste !! Une bonne occasion pour appliquer sur du concret ce que l’on a appris dans une autre activité.



Passons maintenant à ce que cela a apporté à l’enfant. D’abord visiblement un grand moment de plaisir : ce genre d’activités les occupe toujours plus qu’on ne s’autorise à le penser au départ. Il faut presque négocier la fin de l’activité. Ensuite le petit a enrichi son vocabulaire : essorer, rincer, ce ne sont pas des termes que l’on utilise couramment à 2 ans ½. L’activité est complexe car elle permet de réaliser plusieurs opérations, dans un sens donné qu’il faut comprendre et respecter pour la mener correctement à son terme.

Pour parfaire l’activité on peut aussi fournir à l’enfant une petite serpillière afin qu’il répare lui-même ses dégâts si il met de l’eau un peu partout dans la salle de bains. Si l’activité est faite dans le bon sens comme je l’indiquais plus haut, elle représente aussi une bonne approche de l’écriture même si à première vue on ne voit pas trop le rapport. Le fait d’utiliser une bassine d’eau tiède et une d’eau froide a aussi son importance pour l’éveil sensoriel du petit (on n’oubliera pas de faire parler l’enfant sur ce qu’il ressent quand il trempe ses doigts dans l’eau).


Prochaine étape : tenter cette activité avec 2 trolls en même temps (et donc avec une autre organisation) car j’avoue que pour l’instant je ne l’ai expérimentée que lorsque occasionnellement je n’accueillais qu’un seul enfant.

Ps : Au fait la mère Denis de mon titre, ça vous parle ? Parce que je viens de me rendre compte que j’ai fait là une allusion à quelque chose qui remonte à un temps que les moins de 2 X 20 ans ne peuvent pas connaître !!!!





lundi 2 août 2010

Eveiller, épanouir, encourager son enfant : la pédagogie Montessori à la maison



Parmi tous les livres consacrés à la pédagogie Montessori, j’ai jeté mon dévolu sur celui de Tim Seldin Président de « The Montessori Foundation » et membre de l’International Montessori Council et j’ai donc consacré quelques heures de mes vacances à sa lecture.



Pourquoi celui-là ? Simplement parce que c’était le seul disponible chez mon libraire. Autant dire que je n’avais aucun a priori que ce soit positif ou négatif.

Cet ouvrage, selon les termes de l’éditeur propose une mine d’activités, de jeux passionnants, d’expériences tactiles, sonores, visuelles, de la naissance à l’âge de six ans, pour apporter à votre enfant tout ce dont il a besoin pour se développer, s’épanouir et acquérir le sentiment d’être un individu compétent, capable, qui a confiance en lui et s’estime.

Ce fut une lecture effectivement assez agréable. L’auteur nous explique très brièvement qui était Maria Montessori et nous propose un éventail d’activités, de façon de faire et de se comporter, pour intégrer la pédagogie Montessori à la maison et ceci dès la naissance.

On va tout de suite commencer par ce qui fâche et parler de ce que je n’ai pas apprécié dans l’ouvrage.

Du côté des points négatifs, j’ai donc été gênée (un peu) par le fait que Tim Seldin parle sans arrêt de Méthode (sur la 4ème de couverture on parle même de méthode révolutionnaire). Or parler d'une simple méthode lorsque l’on s’occupe d’éducation ou de pédagogie me semble un peu réducteur. D’ailleurs si il y avait vraiment une méthode révolutionnaire en matière d’éducation des enfants ça se saurait non ? Chaque enfant, chaque parent, chaque éducateur est différent et essayer d’appliquer des recettes toutes faites me parait une utopie. Une « méthode » pour moi ça concerne les régimes ou l’arrêt de la cigarette : « découvrez la méthode infaillible pour perdre 10 kilos en 15 jours !!! Pour ma part, je préfère parler d’état d’esprit, de philosophie ou bien à la limite de pratiques. Du coup ça donne à l’ouvrage un petit côté « coaching parental » qui me fait penser à Super Nanny (paix à son âme la pauvre) ou au grand frère de la télé.

Autre chose aussi, je ne sais pas dans quel monde vit ce monsieur, mais la présentation de sa maison idéale (et surtout de l’ambiance censée y régner) ressemble beaucoup à « la petite maison dans la prairie » du feuilleton de mon enfance. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil !! On peut tenter de le croire. Pour ma part, je pense qu’un peu plus de réalisme n’aurait pas nui à l’ouvrage. Ceci dit, mon jugement a peut être été altéré par le fait que j’habite dans une grande ville. Une personne vivant au calme de la campagne n’aura sans doute pas cette impression.

Pourtant, je ne regrette pas ma lecture et j’espère que je ne vous ai pas découragé (ne partez pas avant la fin) car le livre est très intéressant et présente une approche complète et simple de la pédagogie Montessori adaptée à la maison. C’est un bon ouvrage de vulgarisation. Il ne s’adresse pas à des spécialistes et pour vraiment approfondir le sujet il faudra lire quelque chose de plus professionnel mais pour une maman ou une assistante maternelle qui veut se lancer dans l’aventure c’est un bon départ.

Personnellement j’y ai trouvé la réponse à la question que je me posais au sujet de la concordance entre l’approche Pikler et l’approche Montessori de l’éducation. J’avais le sentiment que la pédagogie Montessori pouvait représenter une suite logique à une éducation fondée sur les découvertes d’Emmi Pikler mais le côté stimulation de la pédagogie Montessori me semblait parfois contraire aux principes de bases pikleriens. J’ai été rassurée : il n’en est rien.


Certes chez Montessori on stimule mais tout comme chez Pikler, cette stimulation se base toujours sur un grand principe : l’observation de l’enfant. Si chez Pikler on cherchera à observer l’enfant afin d’adapter ses actes et son comportement aux besoins de l’enfant, ici on l’observera afin de repérer les « périodes sensibles » qui sont des stades d’intérêts et de curiosité par lesquels chaque enfant passe et qui permettent un apprentissage facile et naturel.


J’avais peur de trouver dans l’ouvrage un tas d’activités concernant les tout petits qui aurait représenté à mes yeux une sur-stimulation, or tous les chapitres consacrés aux bébés sont tout à fait comparables à ceux que l’on pourrait trouver dans un ouvrage Pikler. Certains conseils donnés sont totalement similaires (il n’y a guère que sur l’utilisation des mobiles que les deux approches divergent quelque peu).

Point de vue activités pures, j’ai retenu quelques bonnes idées comme le tris des boutons de différentes couleurs (comme je ne suis pas couturière, chez moi ça ne sera pas des boutons mais très certainement des jetons) les boites à sons, le sac à mystère…. Je ne manquerai pas de vous présenter tout cela plus en détail dans de nouveaux articles au fur et à mesure de nos essais dans le courant de l’année.

Pour finir, je voulais aussi signaler que j’ai apprécié la présentation très claire, très douce (ne vous fiez pas à la couverture, l’intérieur n’a rien à voir) avec de superbes photos d’enfants en activité.